dimanche 27 mars 2011

Quel sort attend la Libye ?

L'Histoire nous a montré que Les Puissants ont toujours tendance à pratiquer un double jeu.
Lors de la guerre froide, les deux superpuissances, les USA et l'URSS, réprimaient et/ou faisaient réprimer les gens dans leur sphère dominante et "soutenaient" la lutte des peuples pour la liberté dans la sphère dominée par l'adversaire.
Ainsi l'URSS a appuyé la lutte du peuple vietnamien, la révolution cubaine ainsi que d'autres mouvements de révoltes en Amérique du Sud et autres lieux soumis à des dictatures mises en place par les USA ou avec leur aval.
Concomitamment, les USA et leurs partenaires ont appuyé toute révolte en Europe de l'Est et en Afrique rien que pour contrecarrer les intérêts de l'URSS en ces lieux.
Un fait qui mérite que l'on s'y arrête un instant : jusqu'à la chute du bloc Est, la rive sud de la méditerranée, composée (d'ouest vers l'est) des pays limitrophes suivants : le Maroc (pro-USA), l'Algérie (pro-URSS), la Tunisie (pro-USA), la Libye (pro-URSS), l'Égypte (pro-USA), nous donnait cette nette impression d'être devant un échiquier = Une case blanche, une case noire.
Ces pays unis par la langue et la religion n'avaient pas le droit d'avoir les mêmes choix ni les mêmes orientations politiques et sociales. C'est dire à quel point ces superpuissances pouvaient s'entendre entre elles pour se partager le gâteau. Le proverbe dit bien : "Diviser pour mieux régner".
À présent que le bloc Est n'existe plus dans les faits, les USA (et leurs partenaires) continuent à soutenir les rébellions là où leurs intérêts peuvent être concernés. Ainsi, ils soutiendront tout mouvement de révolte en Iran mais jamais en Arabie Saoudite.
BUSH père qui avait déclaré la première guerre du golfe (1991) à Saddam HUSSEIN a arrêté cette guerre alors que les forces américaines étaient à 300m du bunker de ce dernier. Il l'a même aidé à reprendre le contrôle de l'Irak. Il l'a ainsi gardé au pouvoir jusqu'à ce qu'il lui trouve le substitut qui sied le mieux aux intérêts des USA dans la région. L'occident n'était plus disposé à perdre un autre pion stratégique dans cette zone. Il a bien retenu la leçon de l'Iran. KHOUMEINI était censé renvoyer l'ascenseur à ceux qui l'avaient accueilli. De nos jours, son fils, le rejeton BUSH Jr, a fait ce que son papa avait différé. Le Monde est débarrassé d'une vermine mais le nombre de morts se compte toujours par milliers et le chaos règne encore en maître dans ce pays.
Il y a un quart de siècle (le 15 avril 1986) les USA bombardaient la Libye en représailles de l'attentat à la bombe, en 1986, d'une discothèque de Berlin-Ouest fréquentée par des militaires américains. Ils ne cherchaient pas à éliminer ce dictateur et terroriste international mais seulement lui faire peur. En 2008 et contre des promesses de compensations il est redevenu leur ami.
Mais les choses se produisent à tout moment, parfois contre la volonté des USA et leurs partenaires, comme cela s'est passé en Tunisie et en Égypte. Malgré tous leurs efforts pour maintenir BEN ALI et MOUBARAK au pouvoir, les peuples tunisien et égyptien ont réussi créer une nouvelle réalité, et les USA et leurs partenaires tentent à présent de s'y adapter.
Avec ce qui se passe actuellement en Libye, les USA et la France vont tout faire pour montrer qu'ils sont toujours les premiers à défendre la liberté et la démocratie surtout quand le pays concerné regorge de ressources naturelles. Ils ont vite fait d'oublier qu'ils avaient ouvert bras et portes à ce dictateur et qu'ils le qualifiaient, hier encore, d'ami. Ni la Tunisie, ni l'Égypte n'ont ces ressources naturelles. Et surtout ne "souffrent" pas de divisions tribales. Aussi, aider la Libye à se débarrasser de ce sanguinaire de KADHAFI puis pousser le pays à l'implosion pourrait arranger les intérêts de ces défenseurs de la liberté et de la démocratie. Toujours dans le respect du proverbe suscité : "Diviser pour mieux régner".

Lotfi AGOUN

dimanche 20 mars 2011

Libye : l'opération "Aube de l'Odyssée" a commencé

La résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies est une résolution adoptée le 17 mars 2011. Elle concerne la Libye et la révolte libyenne en cours, et permet aux pays qui le souhaitent de participer à une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Libye pour protéger la population civile.
Cette résolution est présentée par la France, le Liban, et le Royaume-Uni. Les négociations préalables ont suscité d'abord l'opposition de la Russie et de la Chine qui s'abstiennent finalement lors du vote et ne recourent pas au véto pour la bloquer. Elle est votée par l'Afrique du Sud, la Bosnie-Herzégovine, la Colombie, les États-Unis, la France, le Gabon, le Liban, le Nigeria, le Portugal, et le Royaume-Uni ; cinq membres s'abstiennent : l'Allemagne, le Brésil, la Chine, l'Inde, et la Russie ; aucun ne s'y oppose.

Dans cet article, je commenterai certains passages de la déclaration faite par Nicolas SARKOZY (19/03/2011 : 15h50 à Paris) à la suite de "Son Sommet International" sur la Libye.
Il voulait faire mieux que son idole (G.W. BUSH), avoir son Irak à lui (la Libye) et son Saddam HUSSEIN à lui (Mouammar KADHAFI).
Il omet tout juste de mentionner qu'il ne veut se frotter qu'à plus faible que lui et n'intervenir que là où il est certain de ne pas laisser de plumes.

Nicolas SARKOZY :"Aujourd’hui se sont réunis à Paris, sous la présidence conjointe de la France et du secrétaire général des Nations unies, les dirigeants de la ligue des États arabes et de l’Union européenne ainsi que les représentants des États-Unis et du Canada."
Commentaire : Les pays arabes représentés par : les ministres des Affaires étrangères du Qatar, des Émirats arabes unis, du Maroc et de la Jordanie, le chef de la diplomatie irakienne, Hoshyar ZEBARI en sa qualité de président en exercice de la Ligue arabe et Le secrétaire général de cette organisation, Amr MOUSSA.

Nicolas SARKOZY :"Ensemble nous avons décidé d’assurer l’application de la résolution du Conseil de sécurité exigeant un cessez-le-feu immédiat et l’arrêt des violences contre les populations civiles en Libye."
Commentaire : Les autres résolutions prises auparavant pas ce même conseil ne devaient sûrement pas être appliquées. Et gardons à l'esprit que la résolution 1973 parle d'une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Libye pour protéger la population civile et non d'attaques ciblées et bombardements.

Nicolas SARKOZY :"Les participants sont convenus de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires, en particulier militaires, pour faire respecter les décisions du Conseil de sécurité des Nations unies."
Commentaire : L’expression “en particulier” en dit long sur les moyens à mettre en œuvre. Des bombardements du ciel pour éviter toute perte humaine du côté “des sauveurs”.

Nicolas SARKOZY :"Des peuples arabes ont choisi de se libérer de la servitude dans laquelle ils se sentaient depuis trop longtemps enfermés. Ces révolutions ont fait naître une immense espérance dans le cœur de tous ceux qui partagent les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme. Mais elles ne sont pas sans risques. L’avenir de ces peuples arabes leur appartient. Au milieu des difficultés et des épreuves de toutes sortes qu’ils ont à affronter ces peuples arabes ont besoin de notre aide et de notre soutien. C’est notre devoir."
Commentaire : Les autres peuples (tibétains, tchétchènes, soudanais etc …) n’ont semble-t-il pas ce droit et ce n’est point le devoir de SARKOZY ni de ceux qui sont avec lui aujourd’hui de les aider d'une quelconque façon.
Une chose est certaine à ce jour, SARKOZY ne manifestera pas le même zèle avec la Corée du Nord, la Côte d'Ivoire ou Le Zimbabwe.

Nicolas SARKOZY :"En Libye, une population civile pacifique qui ne réclame rien d’autre que le droit de choisir elle-même son destin se trouve en danger de mort. Nous avons le devoir de répondre à son appel angoissé. L’avenir de la Libye appartient aux Libyens. Nous ne voulons pas décider à leur place. Le combat qu’ils mènent pour leur liberté est le leur. Si nous intervenons aux côtés des pays arabes ce n’est pas au nom d’une finalité que nous chercherions à imposer au peuple libyen mais au nom de la conscience universelle qui ne peut tolérer de tels crimes."
Commentaire : Les SARKOZY and Co viennent de se rendre compte que les autres peuples ont le droit de choisir eux-mêmes leur destin ! Et que LEUR conscience (qualifiée ici d'universelle) ne peut tolérer de tels crimes. Ailleurs cette conscience universelle ne réagit pas de la même façon et surtout pas à la même vitesse. Une réactivité qui sème plus d'un doute.

Nicolas SARKOZY :"Aujourd’hui nous intervenons en Libye sur mandat du Conseil de sécurité de l’ONU avec nos partenaires et notamment nos partenaires arabes. Nous le faisons pour protéger la population civile de la folie meurtrière d’un régime qui en assassinant son propre peuple a perdu toute légitimité. Nous intervenons pour permettre au peuple libyen de choisir lui-même son destin. Il ne saurait être privé de ses droits par la violence et par la terreur."
Commentaire : "Notamment nos partenaires arabes" : il faut entendre par-là quelques Monarchies/Émirats ; mais pas l'Arabie Saoudite ni le Kuwait. La première a même envoyé ses forces mater la rébellion au Bahreïn (où les USA ont une base militaire).
Les régimes républicains ou pseudo-républicains arabes n'ont pas voulu ou pas pu participer à "Ce Sommet historique". Et à l'entendre, il n'existe pas d'autres peuples dans le même cas.

Nicolas SARKOZY :"Aux côtés de ses partenaires arabes, européens, nord-américains, la France est décidée à assumer son rôle, son rôle devant l’Histoire."
Commentaire : On pourra ici apprécier à sa juste valeur l'ordre dans lequel sont cités les partenaires …

Je suis de ceux qui n'ont aucune sympathie pour KADHAFI et ce depuis qu'il avait essayé de déstabiliser mon pays la Tunisie en 1980. Mais ce que j'abhorre le plus c'est de voir quelqu'un de plus puissant qui sous couvert de grands principes aux grés de ses intérêts n’hésite à jeter en pâture celui là même qu’il accueillait, avec tous les honneurs chez lui, il y a peu de temps encore.
Nicolas SARKOZY ayant bien retenu la leçon de son silence abject devant la révolte du peuple tunisien, ses atermoiements devant celle du peuple égyptien, tient à se racheter pour plusieurs raisons :
*        L'échéance 2012.
*        Montrer qu'il n'a pas peur des révélations des KADHAFI sur son compte.
*      Et par la même occasion les rendre peu crédibles dans le cas où les KADHAFI chercheraient à étayer leurs propos relatifs à certaines sommes d'argent.
Il est à noter que ni l'Égypte ni la Tunisie n'ont les ressources pétrolières de la Libye. De-là à penser que la Libye peut continuer à faire figure de "station service " pour la France il n'y a qu'un pas …
Le duel KADHAFI - SARKOZY passe à la vitesse supérieure. Les frappes ont commencé ce jour (19/03/2011) à 17h45. Soit à peine deux heures après sa déclaration à la fin de "Ce Sommet International" et après huit ans, jour pour jour du début de la deuxième guerre du Golfe (20 mars 2003). SARKOZY tire plus vite que son ombre. Encore un qui veut effacer de la mémoire collective les prouesses de Lucky LUCK !
En conclusion, il est évident que Sarkozy règle aussi des problèmes de politique intérieure avec la crise libyenne. Son taux de popularité catastrophique dans les sondages, le jeu trouble de la France lors des révolutions tunisienne et égyptienne… La Libye, c'est aussi une belle occasion de se racheter une image de défenseur des droits de l'homme.
Mais n'est-il pas de notoriété publique que les États ne mettent en branle leur puissance militaire que quand leurs intérêts directs sont en jeu. 
Cela nous rappelle que nous devons nous défendre d’une vision par trop manichéenne des choses.

Lotfi AGOUN

dimanche 13 mars 2011

SARKOZY = Un Super-Rambo défenseur des libertés et des peuples

Un président hyperactif ou du moins désirant paraître comme tel.
Un président qui ne tolère pas qu'une autre personne (fut-elle de son camp) lui fasse ombre.
Un président qui veut coûte que coûte laisser une trace de son passage quitte à brasser beaucoup d'air et ne pas faire aboutir grand-chose.
Pour cela, il voyagera beaucoup. Il recevra beaucoup de personnes.
Des gens du peuple. Des personnes qui traversent des épreuves.
Des personnalités marquantes et d'autres beaucoup moins ; voire même, à éviter.
Il prendra beaucoup de décisions dont une bonne partie ne verra jamais le jour.
Il n'hésitera pas à épouser certaines approches (trop à droite) pour recueillir des voix.
L'on retiendra de lui qu'il a profité de la présence de "sa majorité" au niveau de l'exécutif pour exercer un régime présidentiel bien marqué.
Il n'a jamais hésité à montrer que c'est lui qui décide :
* À la place de l'hôte de l'hôtel de Matignon.
* À la place de celui du Quai d'Orsay.
Aussi puissants soient-ils ou bien faisant semblant d'avoir les coudées franches.
François FILLON l'a appris à ses dépens et a dû avaler plus d'une couleuvre.
Alain JUPPÉ vient de digérer sa première. Sa passivité prédit qu'il y en aura d'autres.
Ce président, hier encore, vantait les mérites de son ami BEN ALI (l'Ex-Président qui a fui lâchement) : son discours prononcé à Tunis est toujours consultable à ce site.
Ce président, hier encore, autorisait qu'une tente soit installée dans les jardins de l'Hôtel Marigny, résidence officielle des hôtes de l'État en l'honneur de son illustre hôte et ami KADHAFI. Ami qui n'avait pas hésité à le contredire sur les Droits de l'Homme durant ce même séjour en assurant au JT de France 2, "Nous n'avons pas évoqué moi et le président Sarkozy ces sujets". (Vidéo encore consultable).
N'ayant rien fait, suite à l'éclatement des révoltes en Tunisie (à part se débarrasser de M.A.M) et en Égypte, il essaye à présent de pousser le zèle jusqu'à proposer des bombardements ciblés pour en finir avec le régime de son ex-ami.
Notre Super-Rambo le fait au nom de la défense des peuples opprimés : comme il aurait certainement voulu le faire pour la Tchétchénie et le Tibet. Après tout il a certainement la force et le caractère pour bousculer la Russie et la Chine comme il le fait avec la Libye, non ?!
Une dernière observation : son ex-ami libyen lui fait miroiter l'épouvantail d'un scénario déjà joué par BOKASSA à GISCARD-D'ESTAING.
Allons-nous assister à une Sarkogate ?!
Wait and see.

Lotfi AGOUN

dimanche 6 mars 2011

Un choix à faire !

Une aberration, je suis tenté de dire de plus ! Des hommes politiques du monde “libre et démocratique” d’aujourd'hui continuent, comme auparavant, de ménager "les amis" dictateurs et autocrates des peuples opprimés et spoliés au lieu de soutenir ces derniers.
Les premiers ont eu, depuis toujours, cette fâcheuse tendance (je précise bien à escient) à faire comme si ces dictateurs détiennent le pouvoir à vie et qu'ils le passeront, à leur fin de règne, à quelqu’un du même acabit, voire pire, pour son propre peuple.
Je disais à escient, car ils ont beau prêcher que ce monde serait meilleur si la démocratie, la liberté, l’égalité et toute la panoplie des droits de l’homme profitent à la planète entière ; de facto ils ne font rien ou presque tant que leurs intérêts propres et, à leur crédit, certains de leurs peuples sont préservés. Contrairement à "leurs amis" dictateurs et autres despotes qui ne préservent que leurs propres intérêts au détriment de ceux de leurs peuples.
Le cas de MAM fera figure de “cas d’école” : Elle visite la Tunisie durant la grave crise qui secouait ce pays. Voyage gracieusement au bord d’un avion de ceux qui traitent avec le clan des BEN ALI – TRABELSI. Et une fois, rentrée en France, elle propose d’envoyer des unités françaises aider la police locale à rétablir l’ordre. Une façon comme une autre de remercier du chaleureux accueil et des faveurs obtenues. Pour s’extirper de ce bourbier, elle va accumuler les contradictions et les gaffes, avec beaucoup d’aplomb. Elle finit par se voir lâcher par les siens (UMP et SARKOZY) et perdre ainsi un ministère aussi prestigieux que celui des Affaires étrangères.
François FILLON l’a échappé belle. En effet, si les échos de sa visite en Égypte avaient lieu avant le remaniement de novembre 2010, Nicolas SARKOZY aurait profité de l’aubaine pour se débarrasser d’un premier ministre qui quoique discret lui fait ombre.
Silvio BERLUSCONI ne veut plus entendre parler de son ami et frère Mouammar KADHAFI et préfère oublier, du moins pour le moment, les largesses de cet encombrant personnage.
Ces cas ne sont pas uniques et en citer davantage ne changera pas le cours de l’histoire. La seule conclusion à en tirer est que ces politiques ont tendance à profiter au maximum de “cadeaux et gestes amicaux” de leurs hôtes et qu’en contre-partie, ils ferment les yeux ou regardent ailleurs, n’hésitant pas parfois jusqu’à vanter les mérites de “leurs amis”.
Ces révoltes qui secouent le monde arabe sont arrivées au bon moment pour rappeler à ces politiques que “leurs amis” ne sont qu’éphémères et que seuls le peuple et la Nation demeurent. Qu’ils ont tout à gagner à devenir, réellement, les amis de ceux qui seront encore là demain plutôt que de faire semblant d’être les amis de ceux dont le lendemain est de plus en plus incertain.
Un premier geste d’amitié, de leur part, serait de considérer ces Nations aptes à gérer leur devenir comme elles l’entendent et d’arrêter de brandir tel ou tel épouvantail dont ils s’étaient servis auparavant pour garder “leurs amis” au pouvoir.
Un deuxième geste serait, à mon avis, d’ordre économique et financier afin de doter ces Nations qui sont dans le besoin des moyens d’asseoir une démocratie couplée à un calme et un bien-être sociaux à même de court-circuiter tout extrémisme quelque soit sa nature. Une telle démarche devrait même freiner sensiblement l’émigration.
Il en va de l'intérêt propre de ceux qui feront ces deux gestes.

Lotfi AGOUN

jeudi 24 février 2011

Quelle fin attend Kadhafi ?

Un constat s’impose : ses deux voisins immédiats, en l’occurrence les deux ex-présidents tunisien et égyptien, poussés vers la sortie par la toute petite porte, lui ont joué deux très mauvais tours :
1/ Ils ont laissé leur peuple les chasser du pouvoir.
2/ Le premier a fui comme un lâche se réfugier en Arabie Saoudite. Le second s'est réfugié dans sa villa à Charm El-Cheikh, en attendant de quitter l'Égypte vers l'Allemagne voire Israël.
Et c’est ce second “gag” combiné à sa réaction farouche d’homme aux abois qui va peser le plus lourd dans la balance.
Kadhafi, hier encore, reçu en grandes pompes en France et qualifié de “frère” ne pourra plus demander l’asile auprès des pays arabes du Golfe ou d’Amérique Latine. Du coup il ne lui reste que peu de choix :
1/ Se suicider. Mais en a-t-il le courage ?
2/ Se faire abattre par l’un de ceux qui gravitent encore autour de lui. La personne qui fera ça cherchera surtout à se refaire une “virginité” plutôt que débarrasser le monde d’un tyran.
3/ Demander à ceux, qu’il avait achetés pour le nommer Roi d’Afrique, de lui accorder l’asile. Et un jour le monde apprendra qu’il s’est suicidé ou qu’il "s’est fait suicider".
Les politiques du monde occidental ont montré plus d’une fois leur lâcheté devant ces tyrans qui spolient et tyrannisent leur peuple. Dans l’affaire Lockerbie (et des victimes du DC 10 - vol UT-772 du 19/09/1989) la Cour de Cassation est allée jusqu’à évoquer son immunité en tant que président d’un pays souverain pour ne pas le “froisser” davantage. Or de lui-même et pas loin qu’hier encore, il a toujours rejeté ce titre de président pour se qualifier de guide de la révolution. Donc ne disposant d’aucune immunité.
Ces mêmes politiques faisant semblant d’avoir retenu les leçons que leur ont administrées les peuples tunisiens et égyptiens sont à présent prêts à le “sacrifier” pour justement ne pas perdre leurs intérêts dans cette région.
Après tout : La Libye est le 4ème producteur de pétrole d’Afrique. Sa production est estimée à 1,8 million de barils par jour. 80 % des exportations vont vers l’Europe, l’Italie en tête. Ses réserves en pétrole sont les plus importantes du continent. Et pourtant, elles ne représentent que 3 % des réserves mondiales.
Nonobstant l'intérêt économique que représente ce pays, la stabilité de la région tout entière dépendra de son devenir, avec tous les bouleversements qui se déroulent à ses frontières immédiates : en Tunisie, en Égypte et bientôt en Algérie.
Kadhafi doit arrêter vite son choix, car son sort est bien scellé ; ce n'est plus qu'une question de temps. Et le glas sonne, désormais, pour les autres dictateurs de son acabit.
Les principales tribus que compte la Libye auront la lourde tâche d'assurer la cohésion et l'unité pour que le passage à la démocratie soit à la hauteur des attentes du peuple libyen.

Lotfi AGOUN

dimanche 20 février 2011

De quoi ont besoin ces peuples qui accèdent à la démocratie

La vague qui vient de secouer le monde arabe n'est qu'à son début. Elle entend permettre à ces peuples arabophones qu'ils soient de l'Afrique du Nord ou du Moyen-Orient de goûter finalement à la démocratie. Or ces peuples ont, dans leur quasi-majorité, toujours (depuis leur "indépendance") connu un régime à parti unique ou un simulacre de multipartisme avec à la tête de l'État un autocrate (un dictateur). Aujourd'hui ces peuples aspirent enfin à vivre en démocratie.
L'exercice sera très périlleux pour ces peuples qui ont délogé le despote au prix de sacrifices et vies humaines comme ils l'avaient fait auparavant pour chasser le colonisateur. Passer d'une dictature à une démocratie est un chemin plein d'embûches. Et l'histoire contemporaine a bien montré comment certains et pas des moindres avaient utilisé ce tremplin pour accéder au pouvoir (Mussolini, Hitler et d'autres encore, plus récemment, que ce soit au Moyen-Orient, en Afrique ou ailleurs). Une fois leur objectif atteint, ils ont tout fait pour saper ce mécanisme pour que perdurent leur main mise et leur hégémonie. Ce qui explique davantage la fameuse phrase de Winston Churchill :"La démocratie est le plus mauvais système de gouvernement, à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire."
Sans la corruption monstrueuse de l'époque précédente, l'humiliation ressentie par le peuple allemand (suite à la signature du traité de Versailles) et le pourrissement grandissant de la situation économique et sociale, Adolf Hitler n'aurait jamais pu, en un temps si court, réunir autour de lui l'écrasante majorité du peuple. Et cet exemple est loin d'être orphelin loin s'en faut.
C'est malheureusement et souvent le cas ; les gens votent par dépit pour voir les choses changer. Et les extrémistes de tout bord sont là, à l'affût pour obtenir ces voix. Une fois aux commandes, ils essayeront d'asseoir définitivement leur "pouvoir" et ce par tous les moyens avec des variantes plus ou moins prononcées de "La nuit des longs couteaux".
Ce système de gouvernance qu'est la démocratie repose schématiquement sur la coexistence et la séparation concomitantes des trois pouvoirs : Législatif, Exécutif et Juridique. Sa pratique par des nations relativement avancées en la matière a montré ses limites et le besoin de recourir à un quatrième voire même à un cinquième pouvoir.
Le quatrième pouvoir, qui désignait à l'origine la presse, s'est étendu de nos jours à tous les autres types de médias (Télévision, Câble, Internet, Blogs, Twitters et autres réseaux sociaux et outils de messageries, Mobiles y compris). Il a fait ses preuves comme contre-pouvoir face aux autres pouvoirs incarnant l'État. Ainsi ce pouvoir a pu pousser Richard Nixon (Août 1974) à démissionner à la suite de son implication dans l'affaire Watergate. Et a empêché Valéry Giscard d'Estaing de briguer un second mandat (1981) suite à l'affaire des diamants.
Ces exemples, concernant les USA et la France, montrent comment la liberté d'expression des médias peut consolider et asseoir davantage l'exercice de la démocratie au quotidien.
La liberté des médias quand elle est exercée dans le respect de l'éthique et sans tomber dans la chasse aux sorcières éclairera le peuple tout en incitant l'élu (les élus) à être plus vigilant et plus consciencieux durant son mandat.  
Le cinquième pouvoir, rajouté tout récemment est celui de l'opinion publique (qui se détache de la presse et des autres médias, malgré une influence non des moindres de leur part sur la formation de l'opinion publique).
De la sorte, ce cinquième pouvoir, abreuvé par le quatrième et ayant vécu les exactions du pouvoir en place sera faire la part des choses, le moment opportun et faire changer/bouger les choses. Et ce ne sont pas les Ben Ali ou Moubarak qui vont me contredire.
Comme je le disais au début de cet article, ces peuples qui arrachent enfin le droit à la démocratie ont besoin de ces deux contre-pouvoirs pour que ceux qui arrivent et arriveront dorénavant au pouvoir ne puissent plus leur faire courber échine et les opprimer comme ce fut le cas dans le passé.

Lotfi AGOUN

mercredi 9 février 2011

Démocratie et Maturité


À chaque fois que l'on m'avait demandé de définir ce qu'est :"la démocratie", j'ai toujours cité la fameuse phrase d'Abraham LINCOLN:"La démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple". Et j'ajoutais qu'aujourd'hui encore, il n'existe pas de définition communément admise de ce qu'est ou doit être la démocratie. Car elle relève d'une maturité politique et sociale telles que les citoyens d'une nation acceptent que l'avis de la majorité soit respecté et adopté par tous y compris ceux qui ne le partagent pas. J'évite à escient de développer ce point et je ne parlerai ni de séparation de pouvoirs, ni de suffrage universel, ni de …
Par cette introduction, J'ai, tout juste, voulu associer le terme maturité à cette notion fondamentale de nos jours qu'est la démocratie.
Pour un bon nombre des pays occidentaux pour ne pas dire leur majorité, les "autres" pays qu'ils soient arabes, africains, latino-américains ou asiatiques (à de très rares exceptions) ne sont pas encore assez "mûrs" pour vivre en démocratie. Leurs peuples, n'ayant pas atteint cette maturité, doivent se contenter du régime que leur ont choisi ces pays occidentaux. Régime qui sied le mieux, non aux peuples respectifs de ces "autres" pays mais plutôt, aux intérêts de ceux qui veulent gérer le monde à leur guise.
Pour réaliser cet objectif, ces pays occidentaux ont toujours recouru au même scénario :
1/ Trouver un pantin à leur solde et le mettre en condition de prendre la charge du pays.
2/ Une fois cela fait, lui préparer le terrain pour qu'il puisse faire miroiter un "danger" potentiel qui "pourrait embraser" toute la planète : islamisme, drogue, course à l'armement, terrorisme.
3/ Faire croire à ce même pantin que tant qu'il arrive à circonscrire "ce danger", ils vont le couvrir, le soutenir et le laisser s'enrichir (sur le dos de son propre peuple et non de leurs caisses).
4/ Entre-temps, certaines institutions internationales (L’Union Européenne, le FMI, la Banque Mondiale, l’ONU, entre autres) infiltrées par ces mêmes pays occidentaux, vont "fermer" les yeux, regarder ailleurs ou dénoncer du bout des lèvres certaines exactions sans mettre leur poids dans la balance pour faire, vraiment, bouger les choses.
5/ Le jour où les choses commencent à bouger, malgré eux, ils essayeront de canaliser la réaction du peuple "insoumis" et remettre l'ordre qui siéra le mieux à leurs intérêts et toujours pas à ceux des "insoumis". Pour cela, ils essayeront d'aider le pantin à reprendre la situation en main. S'il échoue, ils tenteront de le faire remplacer par un autre pantin bien acquis à leur cause et surtout bien soucieux de s'enrichir davantage que son prédécesseur, toujours au détriment de son peuple et de sa patrie. Et s'ils n'y arrivent pas, parce que le peuple longtemps opprimé n'accepte plus cette situation, ils n'hésiteront pas à pousser au pourrissement de la situation toujours dans le but inavouable de récupérer leur emprise et trouver un nouveau pantin.
La Tunisie de l'après BOURGUIBA a connu ce scénario. L'Égypte de l'après ES-SADATE, de même. Leurs peuples ont, de nos jours, un avantage énorme (et ce, bien malgré ces pays occidentaux) : l'accès à l'information et l'ouverture sur le monde à travers la portée du Web. Ce qui était impensable, il y a quelques mois, se réalise aujourd'hui à une vitesse ahurissante. À tel point, que ces peuples, ainsi que ceux qui suivront inéluctablement (l'effet dominos étant enclenché), doivent rester vigilants pour que justement ces pays occidentaux n'arrivent pas à récupérer la main comme indiqué dans le point 5 ci-dessus.
Si la Tunisie semble engagée dans un processus qui y échappe pour le moment ; l'Égypte, de par la nomination de son vice-président semble s'y acheminer tout doucement.
Certes, il n'existe pas de définition communément admise de ce qu'est ou doit être la démocratie. Par conséquent ces deux peuples, comme tous ceux qui aspirent à voir s'instaurer une vraie démocratie dans leur pays, doivent trouver eux-mêmes le chemin qui les y mènera. Ils pourront s'inspirer des expériences des autres pays sans les copier car chaque nation a ses spécificités propres, qu'elle ne pourra nier. Chaque peuple a le droit inaliénable d'essayer de trouver le modèle démocratique qui lui convient le mieux et d'instaurer une démocratie sur mesure qui respectera également celles des autres pays quelques soient leurs orientations culturelles ou bien religieuses.

Lotfi AGOUN

mercredi 2 février 2011

Ces changements dans les pays arabes

La révolte tunisienne, orchestrée par la rue de ce petit pays, a pris de court tout le monde. C'était tellement inattendu qu'on aurait dit un scénario de la C.I.A.
Et c'est ce qu'essayent de nous faire admettre, à présent, les États-Unis d'Amérique (USA). Mais il faut être vraiment très crédule pour accepter cette "vérité".
Les USA n'auraient jamais accepté que "leur pion", si bien placé, entre un Kadhafi (qu'ils n'avaient pas hésité à bombarder" et le F.I.S de l'Algérie, change sa structuration au risque de leur échapper définitivement. Eux et d'autres pays de l'Occident n'ont pas encore digéré les changements qui avaient eu lieu en Iran.
Aujourd'hui, certains médias n'hésitent pas à dire que les USA essayent également de faire bouger et changer les choses en Égypte. Est-ce le cadeau empoisonné qu'aimeraient bien faire, les USA, à leur allié et protégé de cette zone du globe : Israël ? La réponse est évidente.
Une chose est certaine, les USA vont faire tout leur possible pour sauvegarder leurs intérêts dans ces deux zones stratégiques de l'Afrique méditerranéenne. Et ils ont commencé, lorsqu'ils se sont rendu compte de l'évolution irréversible de cette révolution populaire, par suggérer à l'armée de chaque pays de laisser le peuple décider. Les choses étant ce qu'elles sont et ne pouvant naviguer à contre-courant, autant essayer de le gérer au mieux. Et au pire il y aura toujours l'Europe comme tampon.
À présent, les USA essayeront de "conseiller" au mieux le gouvernement de transition pour que la démocratie s'enracine de plus en plus en Tunisie. Et ils essayeront de faire pareil en Égypte en prenant en considération la double donne "Frères Musulmans/Israël".
Les Tunisiens, musulmans sunnites sauront relever le défi d'une démocratie à la turque. La société tunisienne demeure très marquée par un passé commun qui n’est pas si ancien. Je suis convaincu que ce gouvernement de transition préparera des élections démocratiques et que le poids des jeunes (qui sont ceux de la génération "Internet-Google-FaceBook" ; et qui ont accès "Au Monde") dans les votes sera prépondérant. Le prochain gouvernement sera bien coloré sans hégémonie d'un quelconque parti politique. Et ainsi le Tunisien (qui a eu accès à l'Éducation grâce à BOURGUIBA) aura le temps de voir les choses se décanter et se mettre en place.
Pour l'Égypte les choses ne seront pas aussi faciles. L'organisation structurelle des "Frères Musulmans" donnera un grand avantage à ce parti dès les premières élections et il pourra obtenir une large majorité.
À mon humble avis, les USA vont pousser MOUBARAK à partir ou bien ils le laisseront subir la décision de la rue. Ils sont passés maîtres dans l'art d'utiliser des pantins puis de les laisser choir, s'ils ne vont pas les chercher chez eux pour les enfermer dans une prison américaine. Et ce n'est pas Manuel Antonio Noriega du Panama qui va me contredire.
Le Yémen suivra, puis l'Algérie et même, à mon avis, la Libye, "contaminée qu'elle sera par les pays limitrophes (Tunisie, Égypte voire Algérie). Le Maroc "unique monarchie déclarée" en Afrique du Nord sera secoué par les évènements tout comme la Jordanie (où les choses semblent bouger davantage) ; et un changement dans ces pays sonnera le glas, à plus ou moins long terme, pour les monarchies du Golfe arabe.

Lotfi AGOUN

mardi 1 février 2011

C'est bien la révolution du peuple tunisien.

Pourquoi essayer de renier au peuple tunisien sa révolte ? N’est-il pas aussi mûr que ne l’était le peuple français à la veille de sa révolte (si mes souvenirs sont bons, il n’y avait ni internet ni autres médias performants à l’époque)?
D’après certaines analyses, ce sont des agents d’influence (venus de l'extérieur) qui ont poussé le peuple tunisien à la révolte. Delà à dire que ce sont eux qui auraient convaincu Mohamed BOUAZIZI de s’immoler.
Désolé de faire choir votre analyse. C’était tellement spontané que même les extrémistes ont été pris de court. Sinon, ils l’auraient convaincu de se faire exploser ailleurs (en Europe, peut-être, voire ailleurs) en lui promettant de prendre en charge la famille qu’il essayait de faire survivre.
Pourquoi dénigrer ce qui n’est pas orchestré par l’occident ?
Le peuple Tunisien détient aujourd’hui tous les ingrédients (instruction, ouverture d’esprit et exaspération sociale) pour entreprendre seul sa révolte et la réussir. Sans l’aide ni l’assistance de pseudo-amis.
Pseudo-amis qui, il n’y a pas longtemps serraient contre leur cœur celui de qui ils se détournent aujourd’hui. Que les responsables politiques de ces pays qui se veulent démocrates apprennent à être les amis des peuples et non de leurs dirigeants. Une fois, ce stade atteint, ils pourraient leur proposer aide et assistance, le cas échéant et si besoin exprimé, afin de les aider à surmonter certains obstacles.

Lotfi AGOUN

En réponse à Bernard LUGAN

Ci-après ma réponse à Bernard Lugan (à la suite de son article :

Monsieur Bernard Lugan,
Votre approche de la situation en Tunisie relève d’une méconnaissance de la réalité de ce pays (qui est le mien) et d’une islamophobie criante.
Aussi et pour éclairer votre lanterne et celle de certains de vos lecteurs qui semblent prendre vos écrits pour des références, je me permets d’attirer votre attention sur certains :
1/ Combien de pays, de par le monde et à travers l’Histoire, sont passés de la dictature à la démocratie d’un coup et sans le moindre chaos ?
Je ne citerai ni l’Iran, ni Le Chili ni encore moins l’Irak mais plus tôt deux pays de la Communauté Européenne : Le Portugal et l’Espagne. Que vous inspirent les noms SALAZAR et FRANCO, respectivement, à leur propos ?
Et la France, n’est-elle pas passée de la royauté à la démocratie que via la révolution ? Vous convenez que c’était bien le cas. Et qu’il a fallu plus d’un siècle pour instaurer la démocratie. Et que les femmes françaises n’ont eu droit au vote qu’après la seconde guerre mondiale.
2/ Qui a instauré en Tunisie, l’enseignement obligatoire gratuit et le Code du Statut de la femme et de la Famille ? Ben Ali ?!
Allez, encore une fois, réviser vos notes. C’était Le Président BOURGUIBA, et ce, depuis l’indépendance de la Tunisie.
3/ Qui a aidé en fin de compte la montée des extrémistes de tout bord ?
Ceux qui les ont frustrés ou créer ce climat de frustrations sociales et économiques et d’exaspération, propice à l’endoctrinement de certaines classes du peuple qui, ne trouvant plus d’autres alternatives pour fuir leur situation de plus en plus précaire, acceptent tout ce que l’on leur propose. Et c’est comme ça que les extrémistes trouvent une pépinière de choix à leurs sombres desseins.
4/ À vous lire, on a l’impression que les pays musulmans ne peuvent être autrement qu’islamistes, s’ils ne sont pas gouvernés par de vils dictateurs qui peuvent les spolier à leur guise et avec la bénédiction de leurs maîtres laïcs et non-musulmans (dirigeants de pays comme la France, par exemple).
5/ Votre méconnaissance de la situation réelle du peuple tunisien vous laisse faire des amalgames. D’après vous du moment que le Tunisien a de quoi survivre pourquoi doit-il aspirer à une vie meilleure ? Le touriste (Français) a le droit d’aller en Tunisie, vivre une quinzaine de jours comme il ne peut jamais se le permettre sur la Côte d’Azur ou tout autre point balnéaire ou touristique français du moment qu’il y dépense quelques euros. Certaines sociétés françaises y délocalisent certains secteurs et je ne citerai que la téléassistance. Demandez à l’opérateur Orange combien paye-t-il le téléopérateur tunisien ? Sachant que le SMIC tunisien est 1/10° du SMIC français. Et pour que cela demeure en l’état, le Tunisien ne doit pas prendre son destin en main et doit continuer à subir son sort ???!!!
6/ Et pour finir je reprends les chiffres que vous avez cité dans votre point les 600.000 Tunisiens vivants en France ne représentent que 600000/65000000 = 0,92% (et si je prends 1000000/65000000= 1,53%). Par contre les 250000 qui sont restés en Tunisie après son indépendance représentaient : 250000/5000000 = 5% soient plus de cinq fois les 600.000 Tunisiens vivant actuellement en France et dont une bonne partie travaille là où les français ont refusé ou continuent à refuser d’occuper ce poste.
J’espère avoir contribué à remettre les choses dans leur vrai contexte.

Lotfi AGOUN